24 novembre 2012

SLM 3/3 : L'art du «pitch» littéraire

Comment, en quelques mots, une phrase, décrire le contenu d'un livre de façon à éveiller la curiosité du lecteur? C'est l'art (difficile) du «pitch» littéraire. Raphaël Sorin, écrivain et critique français, a écrit sur le blogue du journal Libération: «Quant au pitch, il demande une certaine habileté à manier les mots comme des flèches.» («Qui va vitrifier la rentrée?»: http://lettres.blogs.liberation.fr/sorin/2011/07/qui-va-vitrifier-la-rentr%C3%A9e-.html)

Quand on a fait de la broderie avec les mots pendant près de trois ans pour livrer un recueil de nouvelles, il faut carrément changer d'approche linguistique, troquer la boîte à fils contre le carquois: être rapide, vif, sans possibilité de retravailler ce que l'on vient de dire. Ouf! Une fois que c'est dit, c'est parti!

Pour être efficace, le pitch doit se préparer, mais encore faut-il réussir à le formuler correctement! Ce qui ce conçoit bien s'énonce clairement, oui, je sais... mais je suis encore en train de découvrir ce que mes textes m'apprennent sur ce que j'aime ou déteste, mes angoisses et mes espérances. Il reste des zones d'ombre (voir mon message «Plonger en soi», du 3 novembre). Dernièrement, j'ai commencé à  réfléchir à mes influences littéraires ou à mes livres préférés. J'ai enfin la réponse, je vous en parlerai une autre fois!

Donc, trouver un bon pitch. Celui rédigé par l'éditeur sur la 4e de couverture est excellent: «On peut recevoir une Visite la nuit et voir tout son univers basculer». Mais le but n'était pas de faire de la redite... Je me suis alors inspirée du paragraphe suivant, toujours sur la 4e de couverture: «Caroline Legouix met en scène des personnes qu'on aurait pu rencontrer dans la rue. Ce sont des voisins, des amis, des parents, mais ce sont surtout des êtres humains qui, à la faveur de circonstances parfois banales, parfois exceptionnelles, vont tendre la main vers l'autre... pour se dévoiler, pour trouver un amour, pour sortir de leur vie.»

Quand le lecteur potentiel passait devant mon stand au SLM et prenait le temps de lire la 4e de couverture, il avait un aperçu de l'essentiel de mon livre. J'enchaînais généralement en parlant du style varié de mes textes, ou alors je demandais au visiteur s'il avait l'habitude de lire des nouvelles. Je répondais aussi aux questions, comme celle-ci, que j'ai bien aimée, car elle prouve que la couverture du livre est intrigante: «Est-ce que ce sont des histoires d'horreur?» Non, non, je vous rassure, sur la photo de couverture, ce n'est pas Jack Nicholson qui a abîmé la porte en donnant un coup de hache, comme dans le film «Shining»!

Si les visiteurs ne lisaient pas la 4e de couverture, je me lançais et tentais de décrire de façon concise et intéressante le contenu de mon livre (c'est là que cela se corse, car dans le feu de l'action, cela peut sortir un peu croche). Je m'étais préparée, mais je n'ai jamais dit deux fois la même chose. Cela m'aurait gênée d'avoir une phrase automatique, car il n'était pas question de tomber dans le pitch de vente. Finalement, une phrase préparée mais adaptée en fonction de la personne rencontrée, c'est ce que je préfère.

«C'est l'histoire d'un mec...» aurait pu dire Coluche (humoriste et acteur français, 1944-1986). Mais, dans mon recueil, il n'y a pas que des mecs, il y a aussi des nanas. Et des jeunes, des vieux, des familles, des voisins, des amis, des gens qui travaillent, qui vont à l'école, qui ont des loisirs, il y a des gentils ou des salauds (ou ni l'un ni l'autre); tout un monde, quoi! Le pitch qui me vient à l'esprit, aujourd'hui, serait: «C'est l'histoire de gens ordinaires, comme vous et moi, qui vivent des expériences banales ou extraordinaires, dans lesquelles le lien avec les autres devient essentiel.»

Et vous, si vous avez lu mon recueil, comment le décririez-vous en une seule phrase? Vous pouvez écrire votre pitch dans la section commentaire, si vous voulez!

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