19 décembre 2012

Comme les silences dans la musique (1/3)

Depuis que j'ai commencé ce blogue, c'est de poésie que j'ai eu envie de parler. Pourtant, je n'en écris pas (à part les trois poèmes de ma nouvelle «La rencontre de Zoé»), mais j'ai toujours aimé en lire, qu'elle s'affiche en tant que poème ou se dissimule sous la prose. Finalement, je ne m'étais jamais vraiment posé la question de savoir ce que je pense de la poésie. Je vais tenter d'y répondre.

Le décalage de la poésie

La poésie surgit quand je perçois, vois, lis, entends quelque chose qui résonne en moi. Un nouvel état intérieur traduit cette indéfinissable poésie du moment. Je me sens légèrement décalée. Je vois les choses autrement.

La poésie suscite chez moi une émotion qui s'apparente à la joie ou à la tristesse, mais qui, en fait, n'est ni l'une ni l'autre. Il s'agit souvent d'émotions mêlées, entre deux. Peut-être la poésie me donne-t-elle accès à un état intermédiaire, que je décrirais comme à la fois conscient et inconscient.

Je pense que la poésie existe seulement dans le regard de celui qui en est l'auteur ou dans le regard de la personne qui la capte. Je veux dire par là que la poésie n'existe pas en soi, elle existe pour soi, parce qu'elle signifie quelque chose de particulier, parce qu'elle éveille quelque chose en nous, à un moment donné et reçu.

Comme les silences dans la musique

Les mots créent la poésie grâce au rythme de la phrase, aux images évoquées, contrastées ou semblables, au sens profond, à la simplicité, à ce qui est dit ou ce qui est tu, à la forme du texte ou à ses sonorités...

Mais il y a aussi la poésie du rayon de soleil qui transperce les feuillages à l'automne, les flocons de neige qui tombent mollement en silence, le livre ouvert qui attend son propriétaire sur un fauteuil vide, le promeneur endormi sur un banc dans un jardin public, les pétales de fleurs entourant le vase sur la table de la cuisine...

Pour ressentir la poésie, il faut ralentir le temps. Dans ma vie, la poésie est la respiration du temps, comme les silences dans la musique.

(Cogitations à suivre le 22 décembre...)

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