8 décembre 2012

L'illumination du haïku

J'ai découvert les haïkus en 1999, alors que j'écrivais une nouvelle située au Japon (non publiée et qui restera peut-être dans mes archives...) et que je cherchais un poème à mettre en exergue. D'emblée, j'ai aimé la simplicité lumineuse des haïkus.

Qu'est-ce que le haïku? 

Le haïku est un poème japonais comportant 17 syllabes réparties en trois vers de 5/7/5 syllabes. Dans l'avant-propos de son anthologie sur les haïkus («Haïkus, Anthologie», Points, 2006), Roger Munier explique, en page 9, l'essence de ce poème:

«À l'égal des autres arts du Japon, tels que le Nô, le tir à l'arc, la calligraphie, la peinture, l'arrangement des fleurs, l'art des jardins, il est tout imprégné de bouddhisme Zen. Sa pratique, écriture et lecture, est en elle-même un exercice spirituel. Il n'est pas exagéré de dire que ce que propose un haïku achevé est une expérience qui s'identifie peu ou prou à celle du satori, de l'illumination.
Partant de là, les mots du poème ont d'abord pour mission de produire le suspens de l'esprit qui caractérise cette expérience...»

(Le haïku de mon message du 5 décembre, sur ce blogue, est une traduction de Roger Munier.)
 
Si le sujet vous intéresse, je vous suggère la lecture du site de Serge Tomé, «Temps libre»: http://www.tempslibres.org/. Vous pourrez y lire notamment le document «Pour débuter en haïku», qui est une mine d'informations: http://www.tempslibres.org/tl/fr/theo/kit1res01.pdf.

Ma nouvelle japonaise

Ce texte écrit en 1999 raconte l'éveil à la poésie d'une fillette japonaise le jour de ses dix ans, le 6 août 1945, dans les montagnes surplombant Hisroshima, juste avant le bombardement de la ville. En voici un extrait:

Si les maîtres nous enseignent la poésie, c'est bien pour qu'un jour l'un de nous se dise: «Oui, mes yeux s'ouvrent et je vois les couleurs changeantes du ciel lors du coucher de soleil, comme jamais je ne les avais vues. Mes oreilles se débouchent et j'entends le clapotis de la pluie sur le toit des maisons, comme jamais je ne l'avais entendu. Mon nez respire, et l'odeur de la terre mouillée après l'averse m'enivre.»

À l'époque, je n'avais pas trouvé de poème à mettre en exergue, mais aujourd'hui j'oserais peut-être écrire:

Dans la montagne
l'enfant ouvre grand les yeux
éclair dans le ciel
          (Caroline Legouix)

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