12 janvier 2013

Les passeurs de livres (1/3)

«Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates» est un roman épistolaire écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (Éditions NIL, 2009, pour la traduction française). Son titre intriguant avait éveillé ma curiosité depuis sa sortie en librairie et je m'étais promis de lire ce livre un jour; comme on me l'a prêté récemment, c'est enfin chose faite.

Quand un livre m'est recommandé, sa lecture m'intéresse doublement: tout d'abord, c'est (généralement) un bon livre, puisqu'on me le conseille; ensuite, j'aime découvrir ce qui a plu à la personne qui me le recommande, ses goûts littéraires, ses sujets d'intérêt, ce qui la touche, etc. Et j'apprécie le partage de nos impressions après ma lecture. C'est stimulant, enrichissant, cela nous rapproche.

Mary Ann Shaffer (malheureusement décédée au moment de la sortie de son livre, qui a été terminé par sa nièce Annie Barrows) avait souhaité écrire un livre relatant l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale à Guernesey, une île anglo-normande. Elle a traité également de l'importance de la littérature et des livres dans nos vies, surtout lors de périodes difficiles. Ainsi, les personnages du «Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates» expliquent, en 1946, à la journaliste Juliet Ashton ce que la lecture leur a apportés pendant l'occupation.

Dans leurs lettres, ces personnages confient qu'ils trouvent dans les livres les mots justes pour mieux exprimer ce qu'ils ressentent. Ils se reconnaissent parfois dans ce qu'écrit un auteur, les livres leur offrent des occasions de se sentir plus proches les uns des autres, de partager des idées, un savoir, des sentiments, des émotions. Ils permettent d'apprendre, de comprendre, de se souvenir. Ils ouvrent à d'autres mondes.

Les membres du cercle littéraire de Guernesey se sont pris au jeu de la lecture, qu'ils ont commencée par obligation mais qu'ils ont continuée pour le plaisir. Ils découvrent, vibrent, échangent, cherchent à convaincre, se passionnent. Le temps d'une phrase, d'une page, d'un chapitre, ils s'évadent de leur île occupée.

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