9 février 2013

Les Défis d'écriture de Zone d'écriture

Le site Zone d'écriture, de Radio-Canada, propose régulièrement des Défis d'écriture aux internautes. C'est l'occasion de plancher sur un texte à partir d'un déclencheur, une consigne imposée, comme cela se fait lors d'ateliers d'écriture. Le plaisir, pour moi, est dans la création et la participation, même si mes contributions ne sont pas retenues.

Je vais vous présenter mes participations à deux défis qui m'ont encouragée à écrire en dehors de ma zone de confort, ce qui est l'intérêt dans ce genre d'exercice. Vous pouvez consulter les archives des défis publiées sur le site de Zone d'écriture: http://zonedecriture.radio-canada.ca/.
Défi Souvenir d'hiver (novembre 2011) 
Il fallait raconter un souvenir d'hiver. Voici le récit que j'ai écrit.

Anatomie d'un souvenir
 
J'ai grandi dans une région tempérée et humide. Les hivers y sont gris et pluvieux et, le plus souvent, seule la végétation nous indique les changements de saison. Pourtant j'ai en tête, de l'époque de mon enfance, l'image d'une grande étendue de neige qui recouvre la route et les champs, on ne distingue plus où commence l'une et où finissent les autres. Nous roulons lentement en direction de B., entre les deux rangées de poteaux électriques. Mon souvenir n'est pas très précis, mais je crois me rappeler que nous sommes seuls sur la route et que notre voiture trace le chemin dans la neige.

On se remémore mieux les événements exceptionnels.

Qui se trouve à mes côtés dans la voiture? Je ne le vois pas, mais je le devine: mes parents, mon frère et une de mes amies. C'est la seule fois où elle nous accompagna, lors de vacances de Noël. Si je m'en rappelle précisément, c'est que j'ai évoqué ce souvenir de neige plusieurs fois avec ma mère.

C'est donc un souvenir consolidé.

Cette année-là, mes parents avaient concrétisé un de leurs rêves: la construction de leur maison. Nous continuions d'habiter un appartement en ville, mais tous les samedis midis, juste après la fin des classes, nous nous échappions en voiture pour la campagne. C'était une époque joyeuse.

Les souvenirs reliés aux émotions sont mieux conservés en mémoire.

J'ai deux autres images de ces vacances. Dans la première, je vois le jardin enneigé, à l'arrière de la maison, c'est tout. Peut-être jouons-nous avec la luge? Je sais que nous glissions dans la descente du garage en sous-sol, la porte étant ouverte, c'est ma mère qui m'a raconté ce détail. Ensuite je nous vois, mon amie et moi, en train de jouer à la poupée dans la chambre à coucher, enfin, c'est ce que je crois... Est-ce un souvenir reconstitué?

On ne peut être sûr de rien: les souvenirs sont remaniés au fur et à mesure de leurs rappels, et même parfois réinventés. Inquiétant, angoissant, lorsque l'on sait que la mémoire est le fondement de notre identité.

Il y a tant de flou autour de cette réminiscence. Que de suppositions et d'incertitudes, de brèches dans l'évocation comblées par la logique, les émotions et les généralités. Ce silence tendu dans la voiture, alors que mon père conduisait sur la route glissante, est-il l'effet de mon imagination? Est-ce que j'invente nos voix étouffées lorsque nous marchions jusqu'à la maison en enfonçant nos pieds dans la neige fraîche, émerveillés par ce Noël blanc, heureux d'être ensemble, arrivés à bon port?

La seule chose dont je suis certaine, c'est que ce souvenir d'hiver a trouvé un écho dans mes hivers québécois.        

Défi Où écrivez-vous? (juillet 2011)
Pour ce défi, la forme du poème n'était pas imposée, mais j'ai eu envie d'en écrire un. 

J'écris dans l'autobus

J'écris en miettes
De la poésie ou des historiettes.

En filigrane de mes tâches quotidiennes,
Quoiqu'il advienne,
Mon inconscient travaille
Sur les sujets qui me tenaillent.

Il effectue une livraison
Lorsque se libère ma raison.
Alors il faut noter vite,
Avant que les mots ne prennent la fuite.

Dans l'autobus qui fait le trajet
Entre mon domicile et mon bureau,
Enfin j'écris d'un jet
Les saisons de mes héros.

C'est là que, de préférence,
Sur le papier, se couche mon errance.

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