23 février 2013

Qu'est-ce qu'un bon livre?

Qu'est-ce qu'un bon livre (de fiction)? Harry Quebert, un des personnages principaux de «La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert», de Joël Dicker (voir ma chronique du 16 février), affirme que c'est un livre que l'on regrette d'avoir terminé. Cette définition est très subjective et postule qu'un livre est bon pour le lecteur lui-même, et non bon dans l'absolu.

Une expérience qui nous change 
Est-ce que cela serait possible, un livre (ou une oeuvre d'art) bon(ne) dans l'absolu, c'est-à-dire indépendamment de nos jugements personnels et socio-historiques? Non, je ne crois pas. Cela signifierait qu'il y aurait une unité de mesure de l'art que tout le monde pourrait utiliser et qui donnerait le même résultat quelque soit la personne qui mesure, comme avec le système métrique.

L'art, selon moi, c'est plus que le fait qu'une oeuvre soit belle, bonne ou réussie. L'art nous emmène là où nous voudrions être, consciemment ou inconsciemment. Je crois qu'un livre est bon parce qu'il ouvre quelque chose en nous pendant la lecture, ou parce qu'il résonne en nous. Dans ce cas, la définition de Harry Quebert est pertinente et met l'accent sur l'expérience de lecture qui nous change.

Les conditions objectives
Bien sûr, un minimum de conditions objectives sont nécessaires pour que nous trouvions un livre bon. En plus de la maîtrise de l'écrit, ces conditions dépendent des normes littéraires et de leurs transgressions, ainsi que de notre appréciation de celles-ci. Ensuite, tout ce qui concerne l'intérêt pour un sujet ou un autre est une affaire de goût personnel. Par exemple, ce n'est pas mieux ou moins bien de s'intéresser aux fées et aux dragons plutôt qu'aux policiers qui enquêtent sur des meurtres.

L'air du temps
L'accueil d'un livre dépend aussi de l'air du temps! Il peut avoir connu le succès lors de sa sortie, mais être tombé dans l'oubli. Il peut avoir été critiqué, puis encensé à la génération suivante. Ce sont toujours les mêmes textes, mais ce qui a changé, c'est le point de vue des lecteurs. Ce sont les chefs-d'oeuvre qui résistent mieux à l'épreuve du temps, n'est-ce pas?

Le premier de mon Top 10
Dans mon palmarès personnel, la place du meilleur livre évolue au fil des ans. Depuis 2010, celui que je classe en haut de mon Top 10 est «La route» de Cormac McCarthy.


Dans ma nouvelle «Visite tardive», j'ai prêté au personnage, Lilou-Jane, mon intérêt pour ce livre car cela servait bien l'histoire. J'ai écrit: «Pour aller voir qui sonnait à la porte, Lilou-Jane a abandonné le roman dans lequel elle était plongée: La route, de Cormac McCarthy. Elle est bouleversée par cette histoire d'un père et son fils dans un monde apocalyptique, et transportée par l'écriture d'une sublime simplicité qui lui donne l'impression de sonder l'essence de l'humanité.» («Visite tardive», dans «Visite la nuit», p. 14)

Les listes de bons livres
Voici quelques pistes pour trouver de bonnes lectures:
«La bibliothèque idéale»,  paru en 1988 (cet ouvrage a été réédité en 1991, apparemment pas depuis, mais il me semble toujours valable) chez Albin Michel, présenté par Bernard Pivot. Pour chaque catégorie retenue, les auteurs nous suggèrent 10, 25 ou 49 livres, le 50e étant à trouver par le lecteur. Chaque livre est présenté succinctement. C'est un bon livre...

Au Québec, Jacques Martineau a publié en 2005 «Les 100 romans québécois qu'il faut lire», chez NOTA BENE.

Et sur Internet, voici par exemple:

Les 100 meilleurs livres de tous les temps: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_100_meilleurs_livres_de_tous_les_temps

Les 100 livres du siècle: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_cent_livres_du_si%C3%A8cle

Les incontournables québécois d'Amazon.ca: http://www.amazon.ca/Les-incontournables-queacutebeacutecois/b/ref=amb_link_3156872_1?ie=UTF8&node=13300711&pf_rd_m=A3DWYIK6Y9EEQB&pf_rd_s=center-1&pf_rd_r=0C8H0S7B7VDXXBKM0DZK&pf_rd_t=1401&pf_rd_p=211896001&pf_rd_i=538187

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