2 mars 2013

Café littéraire avec Kim Thúy

Mardi 26 février, l'écrivaine Kim Thúy était l'invitée d'un café littéraire au Collège Montmorency, à Laval, organisé par la Société littéraire de Laval (SLL). Elle a démontré que ses talents dépassent le domaine de l'écrit, et nous avons découvert en elle une conteuse drôle et captivante. Avec son côté légèrement verbomoteur, elle pourrait presque concurrencer l'humoriste Louis-José Houde!

Son premier livre, «Ru», est un recueil de courts récits autobiographiques paru chez Libre Expression en 2009. Il a gagné en 2010 le Prix littéraire du Gouverneur général, le Prix du Grand public du Salon du livre de Montréal, et en France le Grand Prix RTL. En 2011, il a reçu Le Grand Prix littéraire Archambault. Ce livre est actuellement en lice pour le Prix Amazon. Je l'ai lu il y a trois ans et je l'avais beaucoup aimé.

Kim Thúy, née en 1968 à Saigon, raconte dans «Ru» sa fuite du Vietnam en 1978 sur un bateau de pêche, son séjour dans un camp de réfugiés en Malaisie, puis son adaptation à la vie québécoise. Ses récits procèdent par petites touches légères. L'écriture est simple, précise, poétique et très évocatrice. L'écrivaine a aussi co-écrit «À toi», avec Pascal Janovjak (Libre Expression, 2011), et son troisième livre, «mãn», va sortir en mars 2013, toujours chez le même éditeur.

Lors de la période de questions, une personne demanda à Kim Thúy si elle se considérait comme une écrivaine. Cette question m'a étonnée, car, selon moi, avec deux livres (et bientôt trois) publiés, Kim Thúy est sans conteste une écrivaine, mais sa réponse fut un «Oh! non!» que j'ai interprété comme de l'humilité par rapport à l'acte d'écrire.

Auteur(e) ou écrivain(e)?
Le mot auteur est souvent utilisé en tant que synonyme d'écrivain, mais, à mon avis, ce n'est pas assez précis puisqu'on peut être auteur d'une œuvre littéraire, musicale, visuelle, etc. L'écrivain est l'auteur d'un livre, et si on peut le dire en un mot au lieu de trois, je préfère. C'est par souci de précision, d'ailleurs, que j'ai choisi de me présenter en tant qu'écrivaine sur mon blogue. Cependant, je reconnais qu'au départ j'ai hésité à utiliser ce terme. J'avais conscience que cela pourrait sembler prétentieux aux yeux d'une partie des lecteurs. Si Kim Thúy hésite à se décrire comme une écrivaine, la barre est placée très haut!

Certains accordent une valeur particulière au mot écrivain. Ainsi, Harry Quebert (encore lui, décidément... voir ma chronique du 23 février), un des personnages de «La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert», de Joël Dicker, dit: «Personne ne sait qu'il est écrivain. Ce sont les autres qui le lui disent.» Dans le même ordre d'idées, mon édition du Petit Robert cite l'écrivain Paul Valéry: «Un auteur, même du plus grand talent, connût-il le plus grand des succès, n'est pas nécessairement un écrivain.» Tout en comprenant la nuance, je trouve qu'elle est superflue.

Pour le Multidictionnaire de la langue française, un écrivain est une «Personne qui rédige des livres». La définition du Petit Robert est légèrement différente: «Personne qui compose des ouvrages littéraires.» Le mot littéraires met l'accent sur la perspective artistique. Enfin, voici la définition de la classification nationale des professions (la CNP est la source autorisée d'information sur les professions au Canada): «Les auteurs, les rédacteurs et les écrivains rédigent des livres, des scénarios, des scénarimages, des pièces de théâtre, des essais, des discours, des manuels, des devis et autres articles non journalistiques qui seront publiés ou présentés, après avoir fait les recherches nécessaires.»

Finalement, c'est la conseillère d'orientation en moi qui répond à la question: que vous soyez un cuisinier dans un restaurant de quartier ou dans un quatre étoiles, vous faites le même métier. Si vous êtes réceptionniste, ne serait-ce qu'une journée par semaine, vous dites que vous êtes réceptionniste. Et si vous avez écrit et publié, je crois que l'on peut parler de vous comme d'un écrivain!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire