12 octobre 2013

Café littéraire avec Éric Dupont, auteur de «La fiancée américaine»

Crédit photo: Marchand de feuilles
La Société littéraire de Laval (SLL) a organisé le mardi 8 octobre, au Collège Montmorency (Laval), un café littéraire avec Éric Dupont, animé par Madeleine Dalphond-Guiral. Éric Dupont a publié en 2012 aux Éditions Marchand de feuilles un roman lauréat du 20e Prix des Libraires 2013 et du Prix des collégiens 2013. Il est aussi finaliste pour le Prix des cinq continents 2013.

«La fiancée américaine» ou la réappropriation du passé d'Éric Dupont

Éric Dupont et Madeleine Dalphond-Guiral
Crédit photo: Caroline Legouix

Le déclencheur de l'histoire de «La fiancée américaine» est une anecdote racontée par le père d'Éric Dupont à son fils: il avait rencontré une femme qui, des années auparavant, avait dû se rendre en secret à New York pour se faire avorter. Revenue ensuite au Québec, elle avait gardé longtemps le silence sur cet épisode de sa vie. L'écrivain avait été interpellé par l'idée d'une personne qui vit dans le silence et il s'était posé des questions.

L'évocation de la famille de l'écrivain, et de son entourage proche, a été continuelle tout au long de la soirée. Tout comme les lieux qui ont marqué Éric Dupont. Tout d'abord, Rivière-du-Loup, qu'il a quitté à regret quand la famille a déménagé, lorsqu'il était encore un enfant: «Je n'étais jamais vraiment parti de Rivière-du-Loup», a-t-il précisé. Il a continué en disant qu'il était en train de magasiner une terre là-bas: «Je voudrais acheter un bout du bas du fleuve!»

On comprend, en percevant la passion de l'auteur quand il parle de son livre, que son travail d'écriture a été un long parcours intérieur dans son passé. Il nous a parlé de ses vieilles voisines, en Allemagne, qui ont donné naissance à des personnages, de sa famille d'accueil en Autriche lors de son premier séjour à l'étranger, à 16 ans, de ses nombreux voyages à Rome, de son travail d'enseignant à Toronto dans un milieu indifférent à la francophonie et où il a été malheureux.

Il est difficile de résumer toutes les sources d'inspiration pour les personnages, les lieux et, même, les objets apparaissant dans son livre (Ah! le cendrier juché sur une patte d'orignal et qui était chez sa grand-mère...) Que d'anecdotes récupérées, que de tranches de vie racontées, que de paysages explorés, pour enrichir un texte foisonnant dans lequel Éric Dupont ne renie pas les influences de John Irving, Michel Tremblay et Marcel Aymé. Pour écrire «La fiancée américaine» (qui lui a demandé sept ans de recherches), Éric Dupont a dû s'isoler: «devenir presque un moine». «La fiancée américaine, c'est l'histoire de la réappropriation du passé», a-t-il confié.

Éric Dupont a publié trois livres avant «La fiancée américaine», tous parus chez Marchand de feuilles: «Voleur de sucre» (2005), «La logeuse» (2007) et «Bestiaire» (2008). L'auteur partira en janvier passer trois mois à Belo Horizonte, au Brésil, faire des recherches pour son cinquième roman.

«La fiancée américaine» paraîtra prochainement en France. Éric Dupont ne pouvait nous dévoiler le nom de la maison d'édition... Tous les paris sont ouverts! (Gallimard? Albin Michel? Robert Laffont? Grasset? ou un autre grand éditeur?)

Un livre qui me reste à lire

Si j'ai écrit cette chronique, c'est parce que j'ai écouté Éric Dupont lors de ce café littéraire. Je trouve toujours intéressant d'entendre un écrivain parler de son livre. C'était passionnant, même si je n'ai pas encore lu «La fiancée américaine»... Eh oui, je n'ai pas écouté le conseil de Danielle Laurin, critique pour Le Devoir, qui écrivait dans son article: «L'explosion Éric Dupont»: «Ne vous laissez pas démonter (...) par les caractères d'impression presque microscopiques!» Pourtant, même Éric Dupont a reconnu mardi soir qu'il avait eu la même réaction que tout le monde quand le livre est sorti (c'est écrit petit!).

C'est tout à fait le genre de livre que j'aurais envie de lire en numérique (pour agrandir la police), mais cette version n'est pas encore proposée par l'éditeur à la date où j'écris cette chronique. Ce n'est pas grave, je patienterai en lisant les autres livres d'Éric Dupont!

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