6 février 2016

Comment les idées me viennent ou l'art d'accommoder les touskis

On me pose souvent la question: «Comment trouves-tu tes idées pour écrire?» Ma méthode est, je crois, commune à beaucoup de créateurs, depuis l'art d'accommoder les restes en cuisine jusqu'à la création d'une œuvre artistique.

Pour avoir de l'imagination, je dois être dans un état mental propice à recevoir des idées, laisser mon cerveau s'exprimer, inventer et s'amuser. Pas besoin de consommer quoi que ce soit! Je parle du vagabondage d'idées et de jouer avec les idées. C'est ce que font les enfants: «On dirait que tu serais le martien et moi le cosmonaute.... ». Une expérience que nous avons tous eue, n'est-ce pas?

Lancer la tâche de création
Pour que le vagabondage d'idées fonctionne, je dois d'abord me donner la consigne de réfléchir à un sujet précis, comme écrire une nouvelle pour un thème imposé (par exemple, le thème «Ridicule» du numéro 142 de la revue Mœbius). Puis je vaque à mes occupations en laissant mon inconscient travailler. Cette période peut s'étendre sur des jours ou des semaines.

Le vagabondage d'idées
Je peux récupérer mes idées seulement quand je suis dans un état d'écoute flottante de mon esprit. Concrètement, cela se passe pendant les tâches qui me demandent peu de concentration: quand je marche, dans les transports en commun, pendant mes activités domestiques ou manuelles, dans le bain, etc.

Noter mes petites illuminations
Les idées viennent alors à leur rythme, comme de petites illuminations de mon univers intérieur. Je les note dans un carnet ou mon cellulaire (idée générale, début de scène, morceau de dialogue, description, structure du texte, commentaire sur ce que j'ai déjà écrit, réflexion sur la vie, etc.).

La création est dans la réorganisation
Il y a création car des liens sont faits entre toutes mes expériences, idées et connaissances. Mes idées sont un peu comme les «touskis» dans le frigo qui vont me permettre d'inventer une nouvelle recette, à partir de ce je connais déjà en matière de cuisine, les plats que j'ai déjà mangés, et les recherches que je vais faire pour dépasser ma zone de confort gustative.

Photo Jason Hutchens - Wikimedia
Des liens, donc, entre ce que j'observe, mes expériences, mes souvenirs, mes aspirations, ce qui me touche dans la vie, ce qui se passe dans le monde... ma bibliothèque est vaste. Tout cela s'organise, s’amalgame et surgit sous forme d'idées nouvelles. Il ne s'agit pas d'une simple compilation de souvenirs ou d'observations, non! Il y a transposition, adaptation, transformation, sinon j'écrirais des biographies ou des reportages et non des histoires de fiction. La création est dans la réorganisation.

Je relis régulièrement mes notes et les mets en forme: réécriture, listes, bulles avec des flèches, carte heuristique (mind-mapping), post-it sur le mur, etc. Je laisse mijoter le tout, de nouvelles idées peuvent émerger à ce moment-là. Puis je m'installe à l'ordinateur pour écrire.

Écrire produit de nouvelles idées
L'angoisse de la page blanche n'existe pas chez moi, puisque je démarre avec le matériel de mes carnets (voir ma chronique «La contrainte qui donne des ailes»). Il faut commencer, le reste suit tout seul (bon, parfois avec plus ou moins d'inspiration, mais ce n'est pas grave, l'important est d'écrire, car d'autres liens vont se faire à un moment donné, d'autres idées vont venir).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire