5 mars 2016

La simplicité poétique de Jacques Poulin

En quittant le travail, hier soir, j'ai eu envie de faire un crochet par la librairie, histoire de regarder les livres. J'aime flâner dans les librairies, ça me détend.

Sur une étagère, la couverture d'un livre a attiré mon attention: «Le vieux Chagrin» (Leméac), de Jacques Poulin. J'aime les chats, et c'est sans doute l'illustration qui m'a d'abord accrochée. Mais dès que j'ai lu le nom de l'écrivain, j'ai su que j'allais acheter ce roman.

Cela fait dix ans que je voulais lire cet auteur, depuis la sortie de son livre «La traduction est une histoire d'amour» (Leméac), en 2006. Le titre me plaisait et j'avais lu des critiques positives. Je voulais l'acheter, je ne l'ai pas fait tout de suite, pas noté l'idée, puis j'ai oublié.

Peu après, je crois, lors d'un séjour à Paris, je cherchais dans une librairie de quartier un livre à offrir à M., ma filleule (nous aimons toutes les deux partager nos intérêts de lecture et d'écriture). J'ai trouvé «Volkswagen Blues» (Leméac), de Jacques Poulin. Le titre et la lecture de la quatrième de couverture m'ont décidée à offrir ce roman à M., tout en me disant que je le lirai bientôt. Mais comme ce livre n'était pas le seul sur ma liste de lecture, j'ai à nouveau oublié.

Cependant, je savais que Jacques Poulin était un écrivain à découvrir. Et hier, apparemment, c'était le bon moment. Je suis sortie de la librairie «Le vieux Chagrin» entre les mains.

«Dans la longue galerie vitrée, nous buvions du vin et la femme continuait de raconter ses souvenirs. Je sentais de la nostalgie dans sa voix, mais elle avait un sens de l'humour qui neutralisait en grande partie la tristesse, et le reste était dilué dans la pluie qui tombait maintenant comme un déluge sur le fleuve.» (Le vieux Chagrin, p. 42)

«Ce qui compte, ce sont les liens d'affection qui relient les gens entre eux, formant une toile immense et invisible sans laquelle le monde s’écroulerait. Le reste, auquel on consacre la plus grande partie de son temps en prenant des airs très sérieux, n'a que peu d'importance.» (Le vieux Chagrin, p.91)

Le style de Jacques Poulin est d'une simplicité qui touche à la perfection. Chaque mot est à sa place, il n'y a rien de trop, mais tout est suffisamment dit, imagé ou suggéré pour donner de la fluidité au récit. Le choix des mots justes, le non-dit, la description des petits moments de la vie, les réflexions du narrateur, j'aime! Je retourne à la librairie cet après-midi acheter ses autres livres!

D'autres auteurs m'ont scotchée à leur texte avec ce style d'écriture. Par exemple Haruki Murakami («Après le tremblement de terre», «Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil», «Le passage de la nuit», «19Q4»), Cormak Mc Carthy (»La route») Lise Tremblay («La héronnière»), John Fante («Demande à la poussière», «Mon chien Stupide»), François Mauriac, Simenon (ses romans durs) et Colette. J'aime également lire des textes d'apparence plus riche, avec des digressions comme le fait John Irving, mais le style que je préfère, qui me touche le plus, est celui de la simplicité poétique.

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