19 mars 2016

Structurer un roman à l'aide de Post-it

J'ai perdu beaucoup de temps à vouloir faire un plan avant d'écrire mon roman. Je n'ai pas d'angoisse de la page blanche, par contre j'ai ressenti un net blocage dans l'élaboration d'un plan au tout début de mon projet. J'ai finalement bâti un squelette (les grandes lignes de l'histoire) parallèlement à l'écriture de mon roman. À l'aide de Post-it comme ceux-là:
Une perte de temps par souci d'efficacité
Quand j'écris des nouvelles, je pars avec une idée et je découvre où cela me mène. Ensuite, je retravaille le texte pour harmoniser, développer, réduire. Bref, pour assurer la cohérence du récit. Pour mon roman, je croyais que ce serait efficace de concevoir le plan avant de commencer à écrire. Je voulais éviter trop de réécriture si le début ne s'accordait pas avec la fin.

J'avais défini les thèmes et choisi les personnages, y'avait-pu-qu'à les mettre en situation en bâtissant un plan! J'ai pensé qu'un outil informatique pourrait m'aider. J'ai fait une tentative très courte avec yWriter, un logiciel gratuit d'aide à l'écriture qui structure les informations. Cet outil est certainement utile pour bâtir des histoires complexes, avec beaucoup de personnages, de lieux, de péripéties, mais cela ne fonctionne pas du tout pour moi. Trop de temps passé à remplir des petites cases au lieu de penser à l'histoire. Cela m'enlève tout le plaisir de la création.

Ensuite, j'ai essayé avec PowerPoint. Cela me semblait simple, visuel et pratique, je pouvais déplacer les scènes facilement. Mais le plan avait toujours du mal à germer. J'ai travaillé sur un premier chapitre, que j'ai fini par supprimer.

Un squelette bâti à l'aide de Post-it
Heureusement, je continuais de réfléchir à mes personnages et je prenais beaucoup de notes dans mes petits carnets à idées. J'avais assez de matière pour commencer à écrire, alors j'ai laissé tomber le plan. Il fallait faire confiance à mon premier jet! J'ai commencé mon premier chapitre comme si c'était une nouvelle. C'est-à-dire sans penser à la longueur totale du texte que j'écrirai...

Une fois le début du roman écrit, j'ai noté les différentes parties du récit sur des Post-it (de couleurs différentes pour distinguer les thèmes et collés sur un tableau blanc portatif). Au fur et à mesure que j'avançais dans l'histoire, je réorganisais les Post-it ou les réécrivais. Le squelette prenait forme. Manipuler les petits carrés de papier et visualiser l'enchaînement des chapitres et des scènes m'a aidée à réfléchir.

Pas question d'aller dans le détail: sur un Post-it, il y a juste la place de quelques mots, comme le nom du ou des personnages, le lieu, le temps et l'action. Cette concision a été suffisante pour m'aider à avancer. Elle était nécessaire également, car cela me laissait plus de liberté. À un moment donné, j'ai laissé les Post-it de côté, car je savais où mon récit m'emmenait.

Développer sa méthode personnelle
Ai-je vraiment «perdu du temps» à essayer de faire un plan au préalable? La réponse est non. Il fallait que j'essaie, cela aurait pu me convenir! Je considère aussi cette période comme un détour qui a permis à mes idées de mûrir.

La bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec que j'ai obtenue pour ce projet est une bourse de «recherche, création et exploration». En ce qui me concerne, la partie «recherche et exploration» a aussi porté sur les méthodes de travail. Je pense qu'il n'y a pas une façon unique de rédiger un roman. Il faut se connaître, essayer, adapter. La méthode peut changer selon le style de texte écrit. Pour moi, écrire ne peut se réduire à une technique, car écrire est l'expression de soi. C'est de la matière organique.

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