10 septembre 2016

«L'imaginaire du 11 septembre 2001» par Bertrand Gervais et al.

L'imaginaire du 11 septembre 2001
Motifs, figures et fictions
Sous la direction de Bertrand Gervais, Alice Van Der Klei et Annie Dulong
Éditions Nota bene, 2014

Quinze ans après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les questions «Où étiez-vous le 11 septembre 2001?», «Que faisiez-vous ce jour-là?» continuent d'être posées dans les médias ou surgissent dans nos conversations quotidiennes quand nous évoquons nos souvenirs de cette journée.

Des souvenirs restés très vifs pour la plupart des gens qui, comme moi, ont été seulement spectateurs. Pour ceux qui ont vécu les attentats ou qui ont perdu un proche, on ne peut pas parler de «souvenir vif», car l'expression est bien en dessous de la réalité. Ces personnes, ces victimes, ont vécu un traumatisme profond ayant des répercussions personnelles et dans le temps dépassant de loin la notion de simple souvenir.

Je parle aujourd'hui des attentats du 11 septembre, mais je pense aussi à d'autres tragédies. En 2015, Charlie Hebdo le 7 janvier, le Bataclan et les cafés du 11e arrondissement le 13 novembre, le 14 juillet 2016 à Nice... Je suis Charlie, je suis Paris, je suis New-York, je suis Orlando, je suis Nice, je suis Ottawa, Bruxelles aussi, et Alep, Istanbul, Maiduguri, Quetta, Sousse, Bamako, Bagdad... je voudrais nommer tous les pays, toutes les villes, tous les noms de toutes les victimes. Ne pas tomber dans l'indifférence ni la banalisation. Nommer pour réaffirmer la dignité des victimes et leur identité, pour ne pas oublier.

Mardi 11 septembre 2001, je suis à la maison, il est presque 9 heures, j'écoute C'est bien meilleur le matin à Radio-Canada. Soudain, le journaliste Marc Laurendeau communique une nouvelle incroyable: à New-York, un avion a percuté une tour du World Trade Center. J'allume la télévision et j'assiste en direct, quelques minutes plus tard, comme des millions d'autres personnes, à la collision d'un autre avion avec la tour sud.

Ground Zero 17 septembre 2001 - Wikipédia
Le reste de la journée, le suivi en direct, la radio et la télévision allumées. L'angoisse devant l'horreur, les deux tours qui s'effondrent, la détresse à la vue de ces hommes et femmes couverts de poussière grise, déambulant dans les rues d'un Manhattan apocalyptique. D'autres avions détournés, d'autres victimes.

Les enfants qui rentrent de l'école dès midi car les autobus scolaires sont requis pour chercher les voyageurs bloqués à l'aéroport de Montréal. Plus aucun avion dans le ciel au-dessus des États-Unis. On ne sait pas ce qui va se passer ensuite. Des craintes de début de troisième guerre mondiale traversent les esprits.

Le premier soir et les jours suivants, ces images passées en boucle et regardées en boucle car on n'arrivait pas y croire. Ces images qui ont colonisé notre imaginaire.

Comment cet événement a-t-il marqué l'imaginaire des créateurs, c'est le sujet du livre «L'imaginaire du 11 septembre 2001», en forme d'état des lieux. On peut lire en introduction, page 9:
«Le 11 septembre 2001 pose, comme tous les événements marquants de l’Histoire, la question des possibilités et des limites de la représentation, qu'il s'agisse de l'interprétation de ses conséquences sociohistoriques ou de la compréhension de son contexte d'apparition, ainsi que des forces qui en ont façonné le déroulement. Il interroge les arts et la littérature sur leur capacité à le raconter ou à le mettre en scène.»

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le site du Lower Manhattan Project.





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