21 janvier 2017

Un été à Provincetown, par Caroline Vu

J'ai lu «Un été à Provincetown» (Pleine Lune), écrit par Caroline Vu, une écrivaine montréalaise née au Vietnam. Elle était en séance de signature en même temps que moi, sur un stand voisin, au Salon du livre de Montréal en novembre dernier. Son roman raconte l’histoire «d'une famille nord-vietnamienne ballottée par les caprices de l'histoire».


Mes envies de lecture suivent le style de mes expériences et s'adaptent à l'air que je respire. L'an dernier, mon voyage au Vietnam m'a amenée à lire sur ce pays. Tout d'abord, des guides touristiques, car j'avoue que mes connaissances géographiques étaient superficielles et n'allaient pas beaucoup plus loin que quelques repères comme Hanoï, Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville), le delta du Mekong et la Rivière des parfums. J'avais surtout dans mon esprit les images d'une guerre horrible, provenant des actualités dans les années 70 et de films comme Apocalypse Now et Voyage au bout de l'enfer. Mes vacances au Vietnam furent une excellente occasion de mettre à jour mes informations sur ce pays en fort développement économique et de découvrir sa culture moderne, tout en comprenant mieux son histoire.

Un été à Provincetown
Caroline Vu a écrit ce livre pour raconter l'histoire de sa famille à ses filles. Voici ce qu'elle dit dans les dernières pages:
«Elles [les identités] se trouvent dans les mots transmis d'une génération à une autre. Les récits familiaux, tout à la fois dérangeants et fascinants, hurlent pour se faire entendre... Cette histoire d'un pays dont tout le monde parlait naguère, mais qu'on oublie aujourd'hui, mérite d'être racontée.» (p.178)

J'ai aimé ce récit tragique (l'écrivaine parle de la malchance de la famille) raconté avec sincérité. Caroline Vu brosse un portrait sans fioritures de sa grand-mère, de ses parents, ainsi que des Vietnamiens et des Français. J'ai apprécié entendre le point de vue d'une auteure vietnamienne sur la colonisation française en Indochine et sur la guerre entre le Nord et le Sud du Vietnam.

«Un été à Provincetown est une excellente occasion de réviser l'épisode de la guerre au Vietnam, d'une façon qui n'est pas filtrée par le pouvoir occidental. C'est aussi une occasion de comprendre le déchirement intergénérationnel qui se transmet de parent à enfant, quand la guerre a fait des ravages dans le passé et que l'exil est obligatoire», écrit Roxane Nadeau dans l'article L'ineffaçable exil, paru le 15 janvier dans le webzine La Recrue du mois.

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