1 avril 2017

«Tout a été dit, mais pas par moi», Gilles Vigneault

Ma 99e chronique et 10 brouillons à finir
En reprenant mon blogue (après une interruption nécessaire due à un déménagement), j'ai pris le temps d'observer les statistiques que me fournit Blogger. Cette chronique est la 99e depuis novembre 2012.

J'ai également une dizaine de brouillons à terminer. Par exemple, un article sur le roman «Americanah» de Chimamandah Ngozie Adichie (mon coup de cœur de l'été dernier), ou une réflexion sur les journaux d'écrivains que j'ai eue après avoir lu «Journal de l'année du désastre», de Kressman Taylor, ou encore le fait que lire des romans développe l'empathie (il y a des recherches sur ce sujet), ou un compte-rendu de la pièce «Norge», écrite et interprétée par Kevin McKoye au théâtre Espace Go en 2016. Autant de sujets littéraires qui m’intéressent et que je souhaiterais développer en écrivant, car écrire aide à l'introspection et à la réflexion, et j'aime ça.

Ainsi, en octobre 2015, vous n'avez pas eu mes commentaires sur la citation de Gilles Vigneault: «Tout a été dit, mais pas par moi». J'avais commencé à y réfléchir à un moment où j'étais en période de doutes à propos de l'écriture de mon roman. Aujourd'hui, cette phrase accompagne ma réflexion sur la pertinence d'écrire un blogue, alors qu'il y en a tant d'autres sur la littérature. Si je veux persévérer, il faudrait peut-être écrire ces mots en grand sur un mur de mon bureau?

Femme écrivant, par Picasso, 1934 (source WikiArt)
«Écrire ou pas», de Johanne Tremblay
Mais une autre question me vient ensuite: écrire un blogue ou écrire un livre? Je ne suis pas seule à me sentir tiraillée entre ces deux activités. Mon amie et collègue d'écriture Johanne Tremblay en a parlé sur son blogue Johanne Tremblay et moi, le 18 mars dernier, dans sa chronique «Écrire ou pas» et je me reconnais dans ce qu'elle écrit: «Voilà trois mois que mon manuscrit, à peine visible sous une pile de dossiers, attend. Le sentiment que j’associe le plus souvent à l’écriture, depuis que je tiens un blogue, est celui de la culpabilité. Il s’invite à ma table dès le septième jour suivant la mise en ligne du dernier billet. Il n’en décolle pas avant que j’aie pondu quelque chose. C’est presque un protocole: écriture, mise en ligne, satisfaction personnelle, retour à l’ordinaire, culpabilité, culpabilité, culpabilité, écriture.»

L'écriture durable
Bon, alors, écrire ou pas? Écrire quoi et pourquoi?

Sacrifier aux normes de l'époque et à la nécessité d'une présence sur le Web, écrire des textes qui seront vite oubliés, car c'est la caractéristique de la lecture sur Internet, mais en même temps avoir la satisfaction de publier et d'être lue...

Ou bien me retirer dans mon antre d'écriture pour écrire à un rythme plus lent en ayant le sentiment de bâtir un objet littéraire plus durable... L'écriture durable, finalement, n'est-ce pas la réponse à ma question? Pourquoi j'écris? Entre autres, parce que l'écriture est un ancrage dans le temps et les livres que j'aurais écrits me survivront. (Et parmi les autres raisons d'écrire, chez moi, il y a le plaisir créatif, celui du maniement de la langue et celui de communiquer avec les lecteurs par le biais d'une histoire ou d'une chronique sur un blogue...)

Trois pages par jour
Dimanche dernier, après la lecture d'un article de Buster Benson (Ah! j'aimerais bien écrire une chronique à son sujet!), j'ai commencé un nouveau rythme d'écriture en suivant un de ses conseils (il n'est pas le seul à le donner): écrire trois pages par jour, d'une écriture suivie, sans s'arrêter. Pour l'instant, je l'ai fait un jour sur deux, mais l'habitude va venir. Cela ressemble à tenir un journal, mais le fait de se dire «J'écris trois pages» (pas moins, pas plus) est une contrainte utile et plus efficace pour moi que de me dire «J'écris un journal».

J'ai pas mal d'autres choses qui me viennent en tête aujourd'hui (des choses qui ont peut-être déjà été dites, mais pas par moi), mais je vais en garder un peu pour mes trois pages quotidiennes. Alors à bientôt, pour la 100e chronique!

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